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Bataille politique autour des choix énergétiques du fonds norvégien

ImageAu nom de la lutte contre le changement climatique, le fonds norvégien alimenté par l’exploitation pétrolière, pourrait se voir interdire d’investir dans la production de charbon. Le débat est porté par les travaillistes devant le parlement du pays qui pourrait se prononcer début mars. Le fonds norvégien est à la fois le plus gros investisseur institutionnel mondial avec plus de 600 milliards d’euros et un acteur dont la politique éthique fait école auprès de nombreux autres investisseurs dans le monde

Deux mois après leur passage dans l’opposition, les travaillistes norvégiens qui s’étaient jusque-là peu souciés du problème, se sont emparés de la lutte contre le changement climatique. Reprenant les revendications des ONG environnementales, ils demandent au fonds souverain du pays de cesser d’investir dans le charbon. « Au-delà de la bataille politique entre le gouvernement actuel et son opposition, les questions posées  sont importantes » estime Idar Kreutzer, directeur de Finance Norvège association qui rassemble les institutions financières du pays et membre de la mission qui a travaillé sur la gouvernance du fonds il y a quelques mois.

« Le fonds norvégien est l’investisseur d’un royaume pétrolier, intensif en production de carbone. Cela signifie-t-il qu’il doit être particulièrement attentif à cette question dans ces choix d’investissement ? C’est  tout l’enjeu du débat », précise estime Idar Kreutzer. Un vote sur le rapport annuel du fonds devrait intervenir le 4 mars prochain et conduire le gouvernement à trancher entre trois scenarios possibles : évacuer le débat et renvoyer les ONG environnementales dans les cordes, faire du charbon un nouveau critère d’exclusion  du fonds qui en a déjà d’autres comme les armes  nucléaires  (voir « Le  fonds pétrolier norvégien fait des vagues ») ou les entreprises responsables catastrophes environnementales ou enfin établir une politique nuancée sur le sujet. Elle consisterait d’abord à évaluer jusqu’où le fonds investit aujourd’hui dans le charbon, quels risques financiers et surtout quelle contribution au changement climatique cela représente, avant de décider ou non de réduire ses investissements.

Le précédent Storebrand

Un investisseur norvégien a déjà fait cela : l’assureur Storebrand. En 2013, il a décidé de réduire ses investissements dans des industries présentant ce qu’on appelle un risque carbone (voir « Les investisseurs croient-ils au risque carbone ? ») « Pour nous cela participe d’une politique d’ investissement responsable de veiller à limiter l’impact de ses placements sur le réchauffement climatique» explique Christine Tørklep Meisingset , responsable de la recherche ESG (Environnement, Social, Gouvernance) de Storebrand. « Nous pensons qu’un investisseur de long terme comme nous doit aussi prendre ses précautions face aux risques financiers que présentent le charbon ou les sables bitumineux. » C’est pourquoi sur les 176 entreprises exclues par Storebrand une quarantaine le sont pour des raisons climatiques dont 13 compagnies productrices de charbon. Elle ajoute «Cela n’a aucune conséquence sur nos performances financières. » 

Le fonds norvégien n’en est pas à sa première crise environnementale. Dès 2008, un rapport du WWF, réalisé avec l’aide de l’agence de notation extra-financière Innovest. démontrait qu’il ne jouait pas le rôle clef qui devrait être le sien, à la fois en tant que fonds pétrolier et  plus gros investisseur institutionnel mondial avec plus de 600 milliards d’euros d’encourspour lutter contre le réchauffement climatique. Cela avait permis le lancement deux ans plus tard du premier programme ambitieux de financement verts tous azimuts par le fonds norvégien. Il a investi 2,5 milliards d’euros dans plusieurs secteurs : énergies renouvelables, eau, adaptation au changement climatique et technologies vertes

Source de l’article :  Bataille politique autour des choix énergétiques du fonds norvégien, Novethic.